Elles sont venues cette nuit. Silencieuses, elles ont posé leurs mains
froides sur chaque branche, chaque aiguille.
Les fées de l'hiver ont cousu
un manteau ouaté sur les sapins, sans oublier le moindre rameau.
Le monde s'est endormi sous leurs doigts patients.
Plus un bruit, plus
un souffle. Juste cette blancheur qui efface les contours et adoucit les
angles. La forêt respire doucement, emmitouflée, suspendue dans un
silence cotonneux.
Avant de s'en aller vers d'autres vallées, les fées ont laissé cette
lumière pâle, presque irréelle.
Un instant suspendu. Le temps d'un regard émerveillé. L'hiver n'avait peut-être pas encore rendu son dernier souffle.
Dédé@Mars 2026
