dimanche 29 mars 2026

Du baume au coeur




Le monde devient fou. Ou peut-être l'a-t-il toujours été? Les images défilent, impitoyables, et le cœur se serre devant tant de chaos. Alors parfois, quand le poids devient trop lourd, il faut lever les yeux ou regarder autour de soi. Chercher ailleurs ce qui semble ne plus vouloir vraiment exister, dans le souffle du vent, le chant des oiseaux, les lumières du matin. La nature console toujours, même dans ses plus infimes apparitions.

Depuis quelques jours, le froid et la neige ont repris leurs droits. Une fin de mars qui oblige à se calfeutrer et à attendre des jours meilleurs, où le printemps sera vraiment le maître des lieux. Mais ce matin, dans la lumière pâle qui baigne le chalet, je l'ai vu. Un accenteur alpin, posé délicatement dans la neige, ses plumes gonflées contre le froid.

Je n'espérais plus. Depuis le déménagement, un peu plus bas sur le coteau, je ne les voyais presque plus. L'altitude, peut-être. Les hivers pas assez rudes. Mais lui était là en ce dimanche matin, tranquille, le regard posé.

Est-ce Maître Zen, mon vieux confident des hivers d'avant ? Ou son fils, qui aurait retrouvé ma trace en suivant les bourrasques ? Je ne sais pas. Et peut-être que cela n'a pas vraiment d'importance.

Car dans ce regard échangé et ce silence partagé, quelque chose se renoue. Une certitude fragile que certains liens résistent. Que la beauté persiste, envers et contre tout.

Il y a des apparitions qui remettent du baume au cœur.


Dédé@Mars 2026

dimanche 15 mars 2026

Dernier souffle



Elles sont venues cette nuit. Silencieuses, elles ont posé leurs mains froides sur chaque branche, chaque aiguille. 

Les fées de l'hiver ont cousu un manteau ouaté sur les sapins, sans oublier le moindre rameau. Le monde s'est endormi sous leurs doigts patients. 

Plus un bruit, plus un souffle. Juste cette blancheur qui efface les contours et adoucit les angles. La forêt respire doucement, emmitouflée, suspendue dans un silence cotonneux. 

Avant de s'en aller vers d'autres vallées, les fées ont laissé cette lumière pâle, presque irréelle. 

Un instant suspendu. Le temps d'un regard émerveillé. 

L'hiver n'a peut-être pas encore rendu son dernier souffle. 

Dédé@Mars 2026