vendredi 3 août 2018

Soir d'été




Après l’orage qui a joué une grandiose tragédie dans la vallée et alors que les grondements du tonnerre roulent encore une ultime fois contre les parois des montagnes, le ciel se déchire pour laisser passer une lumière diffuse, éclairant d’une lueur étrange et presque irréelle la forêt trempée de pluie. Les nuages forment un écrin tourmenté à cette dernière scène de la journée et pendant que le soleil luit encore avant de disparaître devant une nuit impatiente surgit un minuscule arc-en-ciel, promesse du renouveau.

Devant ce spectacle, je n’ai pas d’autre choix que de me laisser transporter aux confins de cette nature exaltée, ballotée comme une barque abandonnée sur les flots d’un océan tempétueux. Le monde fantastique de la montagne après l’orage m’emporte alors que la nuit tombe lentement et que les étoiles s’allument peu à peu entre les imposants nuages. 

Mes yeux encore remplis d’orage, de pluie et de vent se posent alors sur toi et dans ce fracas qui résonne encore au plus profond de mes entrailles, j’accueille ton sourire et le chant des oiseaux qui s’endorment avec reconnaissance.


P.S. Belle suite d'été à toutes et tous.

Dédé © Août 2018

vendredi 6 juillet 2018

Miroir estival



Au bout du sentier
Flotte le ciel bleu d'été
Nuages sur l'eau 




P.S. Prise d'une envie de me perdre dans les nuages et à la recherche de bulles pétillantes, je laisse ce lac vous conter l'été.

Je passerai vous voir de temps en temps avant de reprendre les publications ici. Bel été à toutes et tous.


Dédé © Juillet 2018

vendredi 22 juin 2018

Renouveau



Pendant l’hiver, la montagne n’est pas faite pour les hommes. Elle s’ébroue seule, sous une épaisse couche de neige et sa respiration devient lente, presque imperceptible. Au long des jours, les flocons emplissent l’espace et tout disparaît dans des vapeurs glaciales, comme si plus rien n’avait existé là-haut. Quelques animaux courageux luttent contre les éléments alors que d’autres se terrent à l’abri pendant des mois. Et dans ce silence presque écrasant hurle un vent impétueux balayant tout sur son passage.
 
Alors quand la belle saison revient, que la rivière gambade entre les pierres, joyeuse de dévaler les pentes, que les fleurs jaunes jaillissent dans une grasse prairie et que les nuages caressent les sommets s’ébrouant au soleil, il n’y a qu’à tendre les doigts pour saisir ce souffle extatique sillonnant les alpages.
 
Et dans la contemplation de ce renouveau, amoureux comme au premier jour, nous reprendrons la route vers notre été plein de promesses.




Dédé © Juin 2018

vendredi 8 juin 2018

L'orage



L’air était empreint d’une tension palpable qui laissait les hommes nerveux, dans l’attente impatiente de quelque chose qui tardait pourtant à venir. S’accumulant dans le ciel, les nuages sombres filtraient encore un peu de la lumière de l’astre solaire mais on sentait qu’un vent impétueux allait balayer d’un revers de main les bois encore tranquilles. 
 
Je regardais les fleurs des champs qui dodelinaient de la tête, peu conscientes encore de la tempête qui se préparait. Elles me rappelaient ces années d’insouciance heureuse, lorsque je n’avais qu’à caresser le tronc des arbres de la forêt magique sans imaginer qu’un jour ils pourraient se craqueler, trop vieux pour supporter encore le poids des ans.
 
En peu de temps, le ciel a pris une teinte noirâtre, rendant la scène opaque et angoissante. Un souffle fulgurant a surgi de nulle part, emportant sur son passage les quelques oiseaux téméraires. Rugissant des entrailles de la terre, un grondement a rempli l’atmosphère et des rideaux de pluie ont jailli de ce plafond lugubre, noyant les sommets dans un tourbillon erratique.
 
Il n’y avait plus rien à dire, comme quand les hommes fâchés ne peuvent plus prononcer un seul mot, dans ces disputes violentes conduisant à un pesant silence. Le seul moyen d’en réchapper était d’attendre et de contempler, avec l’espoir que le calme reviendrait rapidement.
 
Et mes pensées ruisselantes, de celles qui m’envahissent parfois, m’ont fait tanguer dans les bourrasques.
 
A ce moment-là, j’aurais voulu avoir à nouveau huit ans, retrouver mon âme d’enfant et le grand sapin, celui qui avait accueilli tant de mes chagrins lorsque j’allais le retrouver en cachette. 
 
Il a plu longtemps ce soir-là.


Dédé © Juin 2018

vendredi 25 mai 2018

La Villa italienne

Villa Panza, Varese, Italie


Se contemplant dans son miroir, la Villa se demandait si elle était la plus belle. 

Pendant cette réflexion, les meubles à l’intérieur se regardaient et se jaugeaient, cherchant à capter le regard des quelques visiteurs. Des sculptures africaines paradaient au milieu d’un mobilier éclectique et des tableaux monochromes d’artistes américains laissaient le spectateur perplexe. Et dans ce couloir étrange, illuminé par des couleurs étonnantes, Dan Flavin, artiste minimaliste, s’était amusé à créer une ambiance digne d’un film de science-fiction. 

Je crois que j’ai été heureuse de sortir dans les jardins et de retrouver ma réalité.


Villa Panza, Varese, Italie


Dédé © Mai 2018

vendredi 11 mai 2018

Bleu marin



Mon voyage commence là où les bateaux ne navigueront jamais et les vagues légères me conduisent à des rivages inconnus sur lesquels je m’échoue. 

Tu murmures quelque chose à mon oreille, des mots si doux que je me noie dans ton regard. Ta main saisit la mienne et tu m’enlaces tendrement sur la grève déserte qui n’appartient qu’à nous. Peignant d’amour ce paysage maritime, nous ne faisons plus qu’un sur la plage et dans une gerbe d’écume, nous voguons sur une vague erratique. Tumultueuse, notre traversée nous transporte aux confins du temps. 


Nous rejoindrons alors le monde des hommes, heureux, avec au creux de nos mains, un bleu marin éternel.  

Dédé © Mai 2018

vendredi 27 avril 2018

Reflets





Dans le lac limpide
Les sommets fondent gaiement
Reflets printaniers

Dédé © Avril 2018