Il se tenait là, sentinelle de bois et de pierre, tel un vestige vivant d'un temps oublié. Depuis combien d'années était-il inhabité ? Nul ne le savait et ce mystère ajoutait à sa présence une densité presque sacrée. Derrière ses murs épais, on devinait la respiration discrète d’êtres mystérieux de la montagne ou peut-être seulement la course de fouines espiègles. Le vieux chalet portait surtout les traces des hivers qui avaient poli ses façades et creusé son silence.
En ce matin clair, les sommets se découpaient sous un ciel limpide, et le soleil, étoile glissant entre les arêtes, inondait le refuge d’une franche lumière. Tout semblait retenu, comme si l’air lui-même se figeait pour écouter la fidélité muette de cette bâtisse. Sous cet éclat, le chalet s’ébroua : un long frisson de bois craquants, un toit fatigué qui se secoue comme pour reprendre vie, rappel discret qu’il demeurait fragile mais entier malgré les ans, les bourrasques et cette solitude qui façonne autant qu’elle use.
Alors, sous la dorure timide de l'aube, il nous enseigna l’art de l'attente : regarder sans hâte, écouter sans troubler, accueillir le calme comme une présence profonde. Dans son immobilité vibrante, chaque fissure, chaque soupir du vent préparait en secret quelque chose de plus grand. Il montrait que la force ne naît pas du tumulte mais de cette manière douce de traverser le temps, de laisser les saisons nous modeler et d’accompagner le monde dans son avènement silencieux.
Devant ce petit chalet esseulé et dans la froidure intransigeante d'un mois de novembre finissant, j'ai ainsi compris que lorsque le cœur vacille et que le paysage se couvre de blanc, il ne suffit pas de rester debout : il faut s’assouplir, offrir au froid la part de nous qu’il veut façonner, laisser l’hiver retoucher nos lignes intérieures et permettre au vivant de poursuivre son œuvre sous la neige, jusqu’à ce que la lumière revienne, discrète, effleurer la terre.
S’ancrer dans le monde n’est pas un triomphe ; c’est un souffle discret qui traverse les heures lourdes sans se briser et laisse s’ouvrir un jour éclatant, dans le murmure doux des grands sapins et des plus modestes arbustes.
Dédé@Décembre 2025

Merci. Je ne retiens que la couverture de laine bien épaisse sur ce chalet de mystères, cette étoile en avance pour redonner espoir à l"attente, le bleu discret rêveur. "Ce qu'on entend sur la montagne": Litz.
RépondreSupprimerTu vas avoir bien chaud avec cette couverture de laine, c'est ce qu'il faut à cette saison. :-) Bises alpines.
Supprimerbonjour Dédé , ah oui merci pour ce beau texte si bien écrit comme un roman ! waouh , et ton cliché j'adore et ce paysage enneigé est superbe et le soleil en prime waouh merci gros bisous beau weekend A+ profite bien du froid alors hi hi hi moi je préfère le chaud ...
RépondreSupprimerCoucou Bébert. J'étais postée pour vivre juste le moment où le soleil apparaissait derrière les montagnes, un joli moment mais il faisait très froid! Bises alpines.
SupprimerCoucou Dédé: MAGNIFIQUE !!!!!
RépondreSupprimerBises, A +
MERCI mon cher Daniel. :-) Bises alpines.
SupprimerHeureusement ton rayon de soleil nous réchauffe !
RépondreSupprimerBon week-end Dédé.
Pas tant que cela, ce jour-là les températures sont restées négatives, malgré le soleil en étoile. Bises alpines.
SupprimerMerci Dédé pour cette belle image de carte postale et ce texte rempli d'espoir.......
RépondreSupprimerBises de l'avant pays savoyard !!!
Coucou. L'espoir, une denrée de plus en plus rare... Bises alpines.
SupprimerChère Valaisanne. Un superbe cliché en noir et blanc pour aider à la compréhension d'un texte plein d'espoir. Bises savoyardes
RépondreSupprimerOh, il n'est pas en noir et blanc mon cliché, regarde bien! ;-) Bises alpines.
SupprimerL'attente de jours meilleurs n'est pas un vain mot, respectons la fragilité, l'ancienneté des choses, et le reste viendra. Cette page est empreinte d'une forme de résilience, de douce sérénité, dont aurait bien besoin le monde actuel, qui ne comprend que vitesse et immédiateté !
RépondreSupprimerBonne fin se semaine, Dédé
Coucou Antoine. Je m'accroche à cette attitude de résilience et d'attente respectueuse de jours meilleurs, tout en étant reconnaissante des choses positives de l'instant présent. Bises alpines.
SupprimerCoucou Dédé,
RépondreSupprimerMagnifique texte et non moins magnifique photo d'ailleurs.
Comme à chaque fois chez toi, je me laisse transporter par tes mots, et c'est un pur plaisir.
Merci pour ça.
Bisous et bonne journée.
Merci Pascale. On a tant besoin de douceur, même s'il faisait très froid ce jour-là. Bises alpines et merci de ta visite.
SupprimerBonjour Dédé,
RépondreSupprimerQue voilà une photo étincelante de blancheur! Et un texte que j'aime beaucoup...
Bisous.
Bon après-midi,
Mo
Merci au soleil qui est apparu au bon moment. :-) Bises alpines.
SupprimerRare que l'on voit une trace humaine sur tes photos....
RépondreSupprimerEn lisant ton beau texte, j'ai mieux compris la douce apparition de ce vieux chalet.
Bises :-)
Coucou. C'est vrai... les humains, je ne les photographie que peu... tu crois que je devrais faire une psychanalyse? :-)
SupprimerToujours permettre au vivant de poursuivre son oeuvre...
RépondreSupprimerIl y a des choses effectivement qui nous dépassent.
Supprimer
RépondreSupprimerCette petite maison sous la neige et sous le soleil est merveilleuse !
Nous devons nous ancrer dans le monde et accepter qu'il nous bouscule parfois. Je vois que quelque part tu as trouvé le rayon de lumière qui te manquait Dédé !
Coucou Marine. Tous les jours, mêmes les jours sombres, j'essaie de trouver un rayon de soleil qui perce. Si ce n'est pas le soleil directement, j'essaie de trouver des choses positives pour avancer. C'est en faisant ceci que l'on trouve un peu de réconfort et de répit. Bises alpines.
Supprimerquelle neige magnifique!
RépondreSupprimeret quel beau texte...
Avec le réchauffement climatique, il faut photographier la neige... quand elle est là. ;-)
SupprimerBonjour Dédé. Jolie photo de ce chalet sous la neige. Il faut savoir s'adapter à notre environnement en attendant le retour du printemps. Bonne journée
RépondreSupprimerC'est le cycle des saisons. Mais chacune d'entre elles a quelque chose à nous apprendre: l'hiver, c'est le renoncement, l'introspection pour moi. Bises alpines.
SupprimerCela commence comme un conte et mène à pas légers le lecteur vers la meilleure manière de vivre les moments âpres pour les surmonter et en sortir plus serein , plus confiant et plus sensible à la beauté qui l'entoure .J'adore te lire .
RépondreSupprimerBise .
Coucou. Ah oui, maintenant que tu le dis... j'ai glissé du conte à la psychologie... :-) Et sans luge! Bises alpines.
SupprimerTa montagne est belle et avec tes si bien choisis elle devient merveilleuse. Tu me fais rêver... Promis, je viens la voir en janvier, tant elle manque. Bises ligériennes.
RépondreSupprimerNul doute que la montagne t'attend sagement, en prenant son temps. ;-) Bises alpines.
SupprimerCe charmant petit chalet vit de grands moments de solitude choisie, de levers ou couchers de soleil magiques, de silence richissime entrecoupé des bruits du vent dans les sapins et du givre qui craquèle les herbes alentour.
RépondreSupprimerFinalement, la solitude a du bon... j'en suis convaincue! Bises alpines.
Supprimertoujours aussi jolis tes texte et la photo de neige j adore... gros bisous
RépondreSupprimerMerci! Comme je le disais plus haut, il faut vite photographier la neige avant qu'elle ne fonde... Bises alpines.
SupprimerTrès beau texte, discret et tout en douceur.
RépondreSupprimerC'est tout moi ça... ;-)
SupprimerComme le chalet, s'emmitoufler dans la neige pour survivre aux bourrasques de la vie et admirer malgré tout la beauté qui nous entoure
RépondreSupprimerA condition d'être bien habillés pour affronter les frimas...
SupprimerÉloge de la faiblesse... En effet, le roseau plie mais ne rompt pas... En souhaitant que cet hiver, qui sera remplacé par un nouveau printemps bientôt, vous permette de travailler cette flexibilité, et de recouvrer une souplesse de jeunesse, dans tous les sens du terme : une souplesse physique, mais surtout morale.
RépondreSupprimerBonjour Monsieur aux grandes oreilles. Je fais régulièrement du yoga pour travailler ma souplesse de corps, quant à la souplesse d'esprit, il y a encore du boulot...Merci de la visite.
SupprimerUne magnifique photo et un beau texte qui nous invite à lâcher prise et à laisser le flux de la vie secrètement nous envahir Bises occitanes
RépondreSupprimerLa nature nous y aide beaucoup, n'est-ce pas? Belle semaine!
SupprimerChère Dédé,
RépondreSupprimerTa profondeur d'attention me touche et en être totalement consciente sans oublier l'écoute.
J'aime beaucoup l'Art de l'attente et regarder sans hâte en s'assouplissant et remettre notre "intérieur" en paix.
Ici ce n'est pas un long commentaire mais tu m'offres cette paix le temps de te lire.
Je te souhaite une très douce semaine accompagnée d'une bise.
Je prends la bise et pas besoin de long commentaire pour exprimer les choses. L'attente, l'introspection, le silence, voilà des choses qui aident à vivre dans ce monde si bruyant et chahuté. Bises alpines.
SupprimerWaouh... Mais je dis ça à chaqun de tes billets 😊
RépondreSupprimerEn effet, la résilience passe aussi par l'hibernation 😋
Merci Dédé pour cette ode à la simplicité...
Douce fin d'année, gros bisous.
Julie
Et l'hibernation peut se faire à toutes les saisons, je l'ai expérimenté durant cette année 2025... Merci de la visite et bises alpines.
SupprimerQue tout ceci est bien écrit et est doux pour l 'âme. Je comprends le sens de tes mots et en parcourant tes lignes des petits chalets isolés me reviennent à l'esprit.Ta photo est magnifique.
RépondreSupprimerDouce fin de journée Ma Chère Dédé. Je t'embrasse
Coucou. Tu sais que j'aime bien les petits chalets isolés, les arbres isolées et d'autres choses encore... comme si la solitude me parlait particulièrement... Merci de ta visite et bises alpines.
SupprimerCe petit chalet avait parfaitement choisi l'endroit où se tapir : face au levant de l'étoile et dos à son couchant d'où viennent la pluie et les tempêtes (du moins s'il en est de même dans ses montagnes que dans notre jardin où l'ouverture des nids doit être tournée vers l'orient sous peine de ne jamais être utilisée). Il a bien raison de ne pas s'ébrouer pour conserver intacte la couverture ouateuse qui l'isole de la froidure des périodes sombres. Et toi tu as bien fait de ne pas le déranger, prenant bien garde, de ne pas outrepasser le talus protecteur.
RépondreSupprimerBravo d'avoir bien retenu sa leçon et de nous l'avoir transmise. Et bravo pour le réglage parfait de l'ouverture de ton objectif
Bises tièdes de la plaine, Dédé (mais cela ne devrait pas durer)
Coucou. Il y avait une si belle neige ce jour-là, elle était tombée en abondance plusieurs jours durant et voilà que cela fait plusieurs jours que l'eau goutte des toits et que la neige fond... Nous attendons donc, le chalet et moi, de nouvelles chutes de neige, pour admirer le paysage. Bises alpines et merci de la visite.
SupprimerBonjour, toute cette neige, c'est magnifique ! je te souhaite une bonne journée, bisous
RépondreSupprimerElle fond...malheureusement. Bisous
SupprimerSavoir attendre, accepter ce qui vient, être disponible aux petits riens , tout un art de vivre que j'essaie de pratiquer. J'y arrive parfois mais pas toujours!
RépondreSupprimerPas simple n'est-ce pas... une vie entière ne suffirait pas. Bises alpines.
SupprimerPatience, ça tourne.
RépondreSupprimer... pas rond des fois...
SupprimerUn joli chalet, de la neige et des réflexions devant ces paysages. Merci et bonne soirée. Bises.
RépondreSupprimerMerci Elisabeth, je dois valider chaque commentaire, c'est pour cela qu'ils ne paraissent pas tout de suite sur ma page. ;-)
SupprimerLa photo du chalet dans la neige est magnifique. Merci pour ce beau texte et les réflexions qui vont avec. Bonne soirée, bises.
RépondreSupprimerMerci!
SupprimerCoucou, ce chalet est comme le roseau de la fable. Il ploie sous le vent, il s'adapte aux conditions climatique, au mauvais temps. Bref, il ne rompt pas.
RépondreSupprimerBises Puydômoises
On savait construire solide dans le temps. ;-) Bises alpines.
Supprimerkikou... mais sors donc de ce tas de neige !! hi hi... gros bisous
RépondreSupprimerça fond... :-(
SupprimerUn vieux chalet au milieu d'un calme paysage enneigé , voilà le cadre de luxe et de volupté pour se ressourcer et trouver en soi l'idée de résilience. Bonne semaine Dédé.
RépondreSupprimerLuxe d'avoir un tel paysage à portée des yeux. On grandit en le contemplant. Bises alpines.
SupprimerTu dépeins une solitude qu'est le bonheur. Cette solitude, cette nature qu'est l'éternité.
RépondreSupprimerLa vie qui s'écoule paisiblement où chaque élément donne un relief particulier en harmonie avec l'être humain.
C'est joli, un jour éclatant dans le murmure doux des grands sapins et des modestes arbustes.
Alors l'harmonie avec l'être humain... je commence à douter un peu, je préfère la solitude, l'ermitage, quand je vois comment évolue notre humanité...
SupprimerS'offrir à la lumière de l'astre qui traverse et illumine toutes choses. Le point de vue de la photographe est au coeur de cette beauté ♥♥♥
RépondreSupprimerMerci de la partager, talentueuse Dédé ! Belles fêtes lumineuses au coeur et dans ton regard ! Je t'embrasse ;
Merci Fifi. Il n'est pas question de talent, c'est la nature qui fait tout. Belles fêtes également.
SupprimerBonne Année 2026 Dédé.
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