mardi 30 juin 2026



C'était le tout début des grandes chaleurs mais la montagne n'en savait encore rien.

L'eau régnait. Elle jaillissait de partout, dévalait les pentes en torrents fougueux, glissait entre les pierres grises, se rassemblait en nappes claires avant de prendre, tout en bas, la teinte laiteuse héritée des glaciers. Partout elle courait, elle bondissait, elle chantait sa jeunesse.

Et dans ce vacarme d'eau vive, le silence était assourdissant.

Là-haut, sous le bleu insolent d'un été à peine né, les glaciers s'amenuisaient. La roche perçait où la glace avait régné des siècles. La montagne souffrait sans une plainte, avec la dignité des choses qui durent et qui se battent en silence. Mais elle n'avait pas dit son dernier mot : à ses pieds, l'eau ruisselait encore, intarissable, comme une promesse qu'on n'ose pas trahir.

En moi aussi quelque chose coulait, comme les torrents.

Je ne saurais le nommer. Ce paysage fut un baume posé sur mon cœur. Devant tant de force tranquille, tout en moi s'est apaisé.

Alors nous avons marché, tous les deux, sans un mot, et nous avons laissé ce début d'été nous traverser.

Une pensée m'a effleurée : là-haut, même quand tout change, l'essentiel demeure. La permanence des montagnes, le grondement des torrents, le chant des pierres qui roulent, le cri des marmottes dans l'alpage, les acrobaties des bouquetins et des chamois sur les vires impossibles et l'appel de l'aigle au-dessus des cimes.

Tout cela reste. Tout cela veille. 

Et cette voix de murmurer : "Pars légère, le silence veille sur la montagne."

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P.S. 1. Ces derniers mois ont été éprouvants pour différentes raisons. J'ai eu beaucoup de difficultés à alimenter ce blog et à venir vous rendre visite. J'étais un peu vide, sans énergie, exsangue.

Aujourd'hui je mets ce blog en pause. Un nouveau défi professionnel m'attend, qui me demandera beaucoup, et je veux prendre le temps de regarder voguer les nuages au-dessus des montagnes, ici ou ailleurs.

Un jour, je reviendrai sur ces mois de désillusion et d'incertitude. J'en ferai des mots, quand ils seront prêts à renaître.

Merci d'avoir cheminé près de moi, sur ces sentiers de lumière ou de pénombre. Nous nous retrouverons ici et là.

Prenez soin de vous et bel été!

P.S. 2. Cette photo a été prise le 20 juin 2025. Vous reconnaîtrez peut-être les lieux, déjà croisés ici dans d'autres couleurs.

Dédé@Juin 2026


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