Haut-Jura français
Le lac avait une couleur changeante, comme celle du ciel. On ne savait pas s’il allait pleuvoir ou si le soleil triompherait. Marcher et contempler, voilà comment résoudre cette énigme en pénétrant à pas feutrés dans ce paisible tableau. Et dans le miroitement de l’eau se lisaient la partition jouée par les nuages, les chants des sapins et la complainte de la vieille maison abandonnée.
Déjà épuisé, l’automne lançait ses dernières cartouches colorées face aux assauts impatients de l’hiver fringuant. Et dans ce mélange subtil de teintes évanescentes, l’eau du lac bruissait pendant que les sirènes invisibles jouaient à dissoudre les nénuphars fanés.
Ce paysage ne mentait pas, c’était simplement mon regard qui le transformait, comme s’il devenait le reflet de mon âme.
Marcher, encore et toujours. Peut-être qu’un jour, je danserai à nouveau la valse du printemps. Mais pour l'instant, il fallait cheminer le long de la rive et ne penser à rien, si ce n'est à cette chaleur indicible qui émanerait de tes bras, le soir venu, tel un brasier éternel.
Dédé © Novembre 2018