Wildspitze, Autriche
Un paysage montagneux, c’est tellement de choses. Une rivière bondissante, un alpage résonnant des sonnailles, une forêt dense de sapins, un chalet esseulé accroché à la pente, un bouquetin bondissant et une délicate fleur qui lutte de toutes ses forces contre les premières neiges tombées toujours trop tôt. Et puis, quand vous avez admiré tout cela et plus encore, quand vos yeux croient avoir saisi tout le caractère rugueux de la vie alpestre, quand vous pensez avoir compris le langage des marmottes espiègles et saisi les nuances subtiles du chant des rapaces, il vous reste pourtant à découvrir le stade ultime, là où l’homme n’est plus rien car ses poumons manquent d’oxygène, là où règne l’aigle en maître unique sur une immensité glacée que rien ne peut troubler, pas même le souffle du vent.
Votre regard s’élève alors vers des sommets qui n’ont presque plus rien de terrestres, se retranchant déjà dans l’inaccessible, enveloppés dans un bleu azur que la mer n’a jamais connu.
Bien peu savent voir l’invisible et entendre le silence dans ce grandiose spectacle.
La montagne nous enseigne la modestie. En effet, alors que nous disparaîtrons, elle restera toujours là, impassible et altière, au-dessus du Tout. A ceux qui savent se faire petit, elle révèle l’altitude et la plénitude de la liberté.
Ce jour-là, le silence était assourdissant de beauté. Et nos cœurs heureux battaient à l’unisson dans le blanc, dans le bleu. Nous avions fait le tour de la terre et de nos rêves, emportés par la pureté de cette sublime vision.
Dédé © Octobre 2020